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" Quand les potins vieillissent, ils donnent des mythes." - Stanislaw Jerzy Lec.

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Parisian Gossip Blog

Gossip Girl relatait les aventures de jeunes new-yorkais :
leurs déboirs, leurs amours et leurs coups bas.

Mais qui a dit que la jeunesse parisienne était moins intéressante ?
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#Posté le lundi 10 août 2009 08:18

Modifié le vendredi 21 août 2009 06:58

31/08/09 - Parisian Gossip Blog

Le 31 Août 2009,
Flash Spécial


Bonjour à tous !


---Bienvenue sur LE Gossip Blog Parisien. Vous avez, sans aucun doute, suivit une certaine - et fameuse - série de livre ou télévisée, relatant les aventures palpitantes de six adolescents dans la fashion city qu'est New York.

---Et maintenant, préparez-vous à vivre le même genre d'aventure mais outre-Atlantique :
Bye bye la 5th avenue ! Bonjour les Champs-Elisées !

---Je vous présente un autre univers, une jeunesse privilégiée sapée de haute-couture parisienne et chaussée de pompes italiennes. Leurs pères pourraient diriger le monde, et leurs mères - sous Prozac - parrainent tous les galas de charités possible.

---Leurs appartements, placés dans le V ème ou le VI ème arrondissement, sont décorés par le plus IN des décorateurs du moment. Bien sûr, inutile de déranger le chauffeur latino pour aller en cours, car leur école privé et non-mixte se trouve à peine à quelques minutes de chez eux.

---L'Ecole Eléonore Clarence, fondée en 1949 et située sur le Boulevard Saint-Michel, accueille chaque rentrée les filles et fils de la haute-société parisienne. Tous à la même enseigne, mais ni dans le même bâtiment ni dans la même classe. Car en effet, les classes ne sont pas mélangées et tout est fait pour qu'aucun des deux sexes ne se rencontrent, mais cela n'empêche pas de se retrouver dehors pour fumer une Camel et rigoler entre filles et garçons.

ON A VU :

E sortir du Virgin Megastore des Champs après avoir acheté la compil des Beatles "LOVE". Gros chagrin d'amour après les vacances ou simple envie de classique de la musique ? Allez, E, all you need is love ! Pas si loin de là, P déjeunant avec son père, Chez Clément au 123. Quelques heures plus tard, A entrer dans un taxi après avoir piller le rayon luxe des Galeries Lafayette, boulevard Haussman. Un peu tard pour son shopping de rentrée, mais à coup sûr, elle sera toujours aussi classe que d'habitude.


---Demain, une nouvelle année scolaire commence. On sent d'ici l'odeur neuve des couvertures de cahier Oxford, des agendas Louis Vuitton et des stylos-plume Mont-Blanc. C'est sûr : on regrettera le soleil de St Bart' et de Cannes, mais cette année a de grandes chances d'être mémorable. Après tout, ne serait-ce pas nos plus belles années ?

---A demain, tous au lunch !


Affectueusement,
Coco La Fayette.

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#Posté le mercredi 25 février 2009 11:43

Modifié le mardi 18 août 2009 08:32

Le 30 août 2009 - le lunch du dimanche est sacré

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le lunch du dimanche est sacré

- Si elle croit qu'elle peut s'immiscer entre mon Daddy et moi de cette façon, alors elle se met le doigt dans l'½il jusqu'au coude ! confia Alice Roseray à sa meilleure amie, Evelyne de Philibert qui feuilletait au même moment un vieux numéro de Vogue avec son iPod aux oreilles.
---Elles étaient assises, l'une à côté de l'autre, dans une imposante Range Rover grise, au siège de cuir taupe et conduites pas le chauffeur attitré de la famille Roseray. Celui-ci n'aurait aucun mal à trouver l'endroit où les jeunes filles étaient attendus étant donné qu'il faisait le même chemin depuis une quinzaine d'années : le lunch du premier dimanche du mois se déroulait toujours à La Grande Cascade, un restaurant où plusieurs générations, et toujours les même familles, avaient entretenues leur amitié.
---Ainsi, depuis plus d'un demi-siècle, les Roseray, les de Philibert, les Schneider, les Colin, les Weiss et les Robin se retrouvaient pour un déjeuné où les parents discutaient actualité, affaires, et projets, et où les enfants parlaient ragots, cours, et de la prochaine fête organisée. Ces familles ne pouvaient que s'entendre à merveille étant donné qu'elles fréquentaient les même lieux, les même écoles, habitaient les même quartiers et surtout étaient toutes nées une cuillère d'argent dans la bouche.
- Oh ! Tu m'écoutes ? protesta Alice en poussant du coude son amie, voyant que celle-ci était inattentive.
- Oui, je t'écoute maintenant, répondit Evelyne d'un ton monocorde en refermant son magazine et en arrachant les écouteurs de ses oreilles. Alors, quelle est la dernière frasque de Barbie ?
---Pour comprendre de quoi parlait les deux amies, il fallait savoir que quatre ans auparavant, la mère d'Alice avait été emportée par un cancer. La fille et son père s'étaient soutenus mutuellement créant une relation unique que tout père devrait avoir avec sa fille. Elle était devenue la petite fille à son papa et lui le papa-gâteau. Elle l'appelait "Daddy" et il la traitait comme une princesse.
---Mais durant les vacances, Daddy avait fait une redoutable rencontre : Barbara, dit Barbie par les intimes et langues de vipère. Au début, Alice ne s'était pas inquiétée étant donné que ce n'était pas la première femme que son père fréquentait depuis le décès de sa mère, mais les précédentes histoires ne s'étaient pas éternisées plus d'une semaine, alors que Barbie avait fait le voyage du retour avec eux et semblait ne plus vouloir quitter la capitale. Aussi, elle ne voyait pas ce qu'il pouvait lui trouver, lui si raffiné et sophistiqué, aimant les femmes de goût et de classe : Barbie était une trentenaire au blond sale, au rire bien trop fort et bien trop aigu, et surtout c'était une roturière. Vous avez bien compris : elle faisait parti du commun des mortels. Dans la bulle privilégié où vivaient Alice et Evelyne, les rencontres se faisaient aux événements mondains, aux fêtes chez les particuliers, à l'école, ...bref, des lieux que le peuple ne fréquentait pas, car inaccessibles à leurs revenus. La rencontre du père d'Alice et de Barbara était des plus inhabituels : cela c'était passé sur la plage de Saint-Tropez, durant leurs vacances, alors que le chapeau de la belle s'était envolé, le preux chevalier servant lui avait rapporté, et s'en suit un véritable coup de foudre. Cette histoire aurait pu paraître romantique pour Alice si Barbara était une aristocrate française et non pas un stupide agent immobilier. Quoi qu'il en soit, Barbie allait être présente au lunch du dimanche et ça, Alice ne pouvait l'accepter.
- Parce que mon père l'a délocalisée de son bled pourri et installé dans une garçonnière, elle croit qu'elle fait parti de la famille ! s'exclama Alice, complètement offusquée. Sa place est uniquement dans le pieu de mon père, pas dans sa vie sociale ! poursuivit-elle.
- Il l'a installé dans une garçonnière ? répéta Evelyne, en riant.
- Qu'est-ce que ça peut faire ? rétorqua Alice. Il fait ce qu'il veut, avec qui il veut mais pas à long terme. C'est tout.
- Et pourquoi pas à long terme ? dit Evelyne en inspectant les pointes de sa chevelure blonde et méchés. Peut-être sera-t-elle ta future belle-mère, ajouta-t-elle en jetant un coup d'½il vers son amie afin d'observer sa réaction.
---Et pour toute réponse, Alice fit semblant de vomir.
- Encore heureux qu'elle ne vive pas chez nous, sinon je dégobillerai mes tripes tous les matins en la voyant arriver dans le peignoir de soie rouge que Daddy lui a acheté. Regarde le peignoir que ton père m'a acheté, il est beau, hein ? l'imita Alice avec une voix mièvre. On dirait qu'elle n'a jamais vu de peignoir de sa vie ! C'était un simple peignoir Gucci, il n'était pas incrusté de diamants Swarovski que je sache !
---Alice ouvrit son sac Prada d'un geste et chercha son poudrier à l'intérieur. Depuis toujours, c'était ce qu'elle faisait quand elle était énervée ou vexée. Elle sortit d'un geste triomphant l'objet qu'elle croyait être son poudrier et qui était en fait son Motorola W510 couleur or, qu'elle balança sur les genoux d'Evelyne, tout en continuant sa recherche. Et pendant ce temps, Evelyne regardait les SMS et les appels de son amie. C'était quelque chose de très naturelle chez elles : elles n'avaient aucun secret l'une pour l'autre. Evelyne remarqua qu'un nom revenait souvent : Peter, leur ami, Peter Colin. Alice et lui étaient sortis ensemble durant toute leur année de seconde mais finalement, ils avaient rompus prétextant que même s'ils avaient connus de merveilleux moments, leur couple n'avait pas d'avenir. Elle savait qu'Alice ne ressentait plus rien pour Peter, mais qu'en était-il de son autre ami ?
- Tu as souvent parlé avec Peter dernièrement ? demanda curieusement Evelyne.
- Plus ou moins, répondit Alice, qui avait renversé son sac sur le siège d'à côté.
- Comment ça, plus ou moins ? insista Evelyne.
- Ecoute, Eve, ce n'est pas ce que tu crois, dit Alice en perdant patience. Je ne l'aime plus, c'est purement amical. Tu devrais être contente qu'on reste en bon terme.
- Je ne doute pas de tes sentiments, mais... Et les siens ? A ce que je vois, il te harcelait de coups de fil.
---En effet, le nom de Peter Colin était le plus récurrent dans la liste des appels reçus.
- C'est pourquoi je filtrais ses appels parfois, dit Alice, tout naturellement. Il en devenait emmerdant.
- Tu filtrais ses appels ? répéta Evelyne, hallucinée. Mais c'est salaud !
- C'est lui le salaud, lâcha Alice.
--- Pour comprendre cette cinglante réplique, il faut connaître la version officieuse très différente de la soi-disant rupture décidée mutuellement. A l'origine, c'était Peter qui avait rompu, et en gentil garçon il avait déclaré que c'était une décision mutuelle afin d'épargner à Alice la honte d'avoir été plaqué. Celle-ci s'en était plutôt bien sortit et s'était rendu compte qu'elle n'était pas tant que ça si attaché à Peter. Mais la rupture avait été si soudaine qu'elle l'avait reçu comme une gifle, à tel point qu'elle s'était remise en question. Et autant dire que Alice Roseray avait été rarement déstabilisé au court de sa vie vu sa confiance en soi et son assurance, hérédités de son père, célèbre avocat d'affaires. Bref, ainsi, elle s'attendait à ne revoir Peter qu'à la rentrée et en tant qu'ami, et voilà qu'il la poursuivait déjà, seulement une semaine après la rupture !
---Evelyne préféra délaisser le sujet étant donné qu'Alice n'avait pas l'air d'avoir encore digérer tout cela. Elle s'évertua alors à redonner le sourire à son amie. Et quoi de mieux pour cela que de feuilleter un magazine entre meilleures amies ?
- Regarde cette robe ! Elle est a-do-ra-ble ! s'exclama Evelyne alors qu'Alice tournait déjà la page.
- La couleur est démodée, trancha-t-elle tout en empoignant le magazine et en le feuilletant rapidement. Mais de quand date ce Vogue ? ...Juin 2009 ? s'étrangla-t-elle en remarquant la date sur la couverture. Mais tout ceci est has been !
- Pff... Il date de la dernière fois où j'ai été en contact avec la civilisation, répliqua son amie.
---Celle-ci s'enfonça dans le fauteuil, boudeuse. En effet, Evelyne avait passé l'été avec sa vieille tante Lucienne dans sa maison de campagne à Orvaux, en Normandie. Elle passait tous ses étés là-bas, mais ceux-ci passaient plus vite lorsqu'elle était accompagné de son grand frère Hugo, qui cette fois-ci avait préféré partir de son côté avec ses amis en Floride. Elle était donc resté seule à s'ennuyer en Normandie dans l'immense maison de campagne bourgeoise mais qui grinçait de partout. Et tout ça pendant deux mois entier. Pauvre enfant.
- C'est la dernière fois que tu passes un été avec tante Lucienne ! L'année prochaine on se fait un été rien que toutes les deux ! Canaries, Bahamas et Caraïbes : on se fera toutes les îles de toutes les mers ! s'enthousiasma Alice, s'imaginant déjà au bord des plus belles plages du monde avec sa meilleure amie.
- Faudrait d'abord convaincre ma mère, dit Evelyne la rabat-joie.
- Ta mère... Si on peut appeler ça comme ça, répliqua Alice sans méchanceté.
---Car elle avait raison : la mère d'Evelyne était tout sauf un rapport d'autorité. Liliane de Philibert était pour ainsi dire une croqueuse de diamant. Et depuis son divorce avec Louis de Philibert, le père d'Evelyne et Hugo, elle parcourait le monde allant de milliardaire en milliardaire, cherchant un nouveau mari et de ce fait, délaissait ses enfants à Deirdre la gouvernante irlandaise. Le père, lui, était un homme politique très occupé et donc très souvent absent. Il ne fallait pas s'en étonner : dans ce monde la présence parentale se traduisait par une montre Cartier ou une voiture de luxe.
- Mesdemoiselles, nous sommes arrivés, leur indiqua le chauffeur, donnant le signal de départ.
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#Posté le lundi 10 août 2009 05:22

Modifié le vendredi 25 juin 2010 01:52

Le 30 août 2009 - l'amour est une drogue dure

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l'amour est une drogue dure


- Hé mec, t'as une feuille pour moi ?
---Léonard Schneider venait de sortir de sa poche intérieur une petite pochette de plastique contenant, sûrement et à coup sur, de la drogue, en l'occurence du shit. Depuis qu'il avait quinze ans, les stupéfiants étaient ses meilleurs amis et la rumeur courrait comme quoi il n'avait eus aucune seconde de totale lucidité depuis la rentrée de seconde. Et vous pouvez me croire, la rumeur n'en était pas une, la dépendance à la drogue du fils unique de la prestigieuse famille Schneider était un fait, ni plus ni moins. On ignorait si ses parents étaient au courant, en tout cas, il n'avait jamais mis les pieds dans une cure de désintoxication et encore moins vu la tête d'un psycothérapeute.
---Enfin, pour le moment.
- Tu n'étais pas sensé avoir arrêté ? demanda son meilleur ami, Peter Colin, présent à ses côtés et fumant une Marlboro en vérifiant ses SMS.
- Qu'est-ce que je peux dire comme connerie parfois... ,s'exaspéra Léonard en fouillant ses poches et en découvrant dans l'une d'elles la miraculeuse feuille qui lui permettra de se rouler un joint.
---Peter sourit à la remarque de son ami, mais son sourire s'effaça bien vite en observant qu'il n'avait aucun nouveau message dans sa boîte de réception.
- Et toi, tu n'étais pas sensé passer à autre chose ? répliqua Léonard en effritant le shit dans sa paume en sachant pertinement que Peter était en train de vérifier sa messagerie qui était sûrement vide. Ou plutôt de vérifier si Alice n'avait pas répondu à l'un de ses innombrables textos.
- J'ai pas envie de parler de ça, s'arcbouta Peter.
- Bordel, mec ! T'as passé trois semaines à Ibiza, me dis pas que t'as pas trouvé un joli petit minois avec qui passer tes nuits ?
- Tu penses qu'à ça, Léo, s'énerva Peter en faisant glisser son portable dans sa poche.
---Les deux garçons avait dix-sept ans et normalement, c'était l'âge où on arrêtait de ne penser qu'au sexe. Mais il semblait que Léo était l'exception à la règle. Son cerveau était partagé en quatre partie : la drogue, l'alcool, le sexe et lui-même. Avec un tel égocentrisme, difficile de se faire des amis, mais Léonard disposait aussi d'un gros porte-feuille d'action, tout comme son père qui était courtier en bourse, et de ce fait pouvait s'acheter n'importe quoi même des amis.
- Je sais pas si j'ai bien fait de rompre avec Alice, lui avoua Peter.
- D'ailleurs, pourquoi tu l'as plaqué déjà ? demanda Léo en finissant son joint.
- Je sais plus trop en fait. Il me semblait qu'on avait fait le tour, on avait plus rien à apprendre de l'autre. Je m'ennuyais, et elle aussi je pense.
---Ils restèrent silencieux un moment, puis Léonard rompit le silence :
- Tu l'aimes ? demanda-t-il en approchant le joint de ses lèvres et en l'allumant à l'aide de son Zippo.
---Peter prit une dernière bouffée de sa clope, puis l'écrasa sur les dalles de la terrasse du restaurant. Il recracha lentement la fumée tout en observant la végétation du Bois de Boulogne, qui était tout près du restaurant la Grande Cascade. Il était extremement beau à ce moment : ses cheveux bruns aux mèches dorés par le soleil, ses yeux bleus, plus bleus que jamais et ses lèvres fines et rose qui s'ouvrirent pour un mot :
- Oui, déclara-t-il, sincérement d'une voix grave. Je l'aime.
---Léonard, qui ne comprenait rien aux sentiments et encore moins à l'amour, observa longuement son ami. Il admettait que celui-ci avait changé durant l'été : plus mature, plus sérieux, il était loin du Peter de l'année dernière. Aspirant longuement sur son joint, il lâcha :
- C'est le début des emmerdes, mon pauv' gars.
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#Posté le mardi 11 août 2009 02:28

Modifié le vendredi 25 juin 2010 01:53

Le 30 août 2009 - la bonne manière de fêter la rentrée

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la bonne manière de fêter la rentrée


---La Grande Cascade était un des plus préstigieux et plus ancien restaurant parisien. Eloigné du centre-ville, il offrait un calme paisible et un paysage féérique sur le Bois-de-Boulogne, ainsi qu'un parc privé composé de cascades, de lacs et de mares. Non loin de là était situé l'hippodrome de Longchamp, qui accueillait la vieille aristocratie, et qui n'intéressait donc pas notre jeunesse dorée. Le restaurant avait un style rétro-métro, et demeurait un lieu très intime si vous louiez un salon privé pous vous et vos convives. Le lunch de nos amis se déroulait dans différents salons selon la saison : en été, c'était le salon Hortense qui était choisi étant donné que c'était une terrasse et que c'était très agréable de déjeuné au soleil.
---La Range Rover de la famille Roseray venait de s'arrêter devant l'entrée d'honneur et les deux passagèrent en descendirent après que le chauffeur ait fait le tour pour leur ouvrir. La brune, qui était grande et mince, était vêtu d'une robe légère en mousseline et taffetas ainsi que de gants de couleur écru très chic. Au pieds, elle portait des sandales Miu Miu beiges avec un fermoir doré et son sac Prada vintage s'accordait parfaitement avec sa tenue de "bourgeoise en vacances". Son amie blonde devait avoir la même taille qu'elle mais par contre, avait été beaucoup mieux servit question formes et poitrine. Elle portait une jupe en lin de couleur crème assortie à son haut sans bretelles au motif fleuris. Elle avait un sautoir Chanel autour du cou et des tas de bracelets dorées autour des poignets qui s'accordaient avec ses spartiates elles aussi dorés. Pour finir, elle tenait à la main la pochette Ferragamo que sa mère lui avait offerte pour ses seize ans.
- J'espère que les cocktails sont déjà servis, je meurs de soif ! se plaignit Alice en se dirigeant vers les portes du restaurant.
- Bonjour mesdemoiselles, leur dit le portier en s'inclinant et en leur ouvrant la majestueuse porte de style rétro-métro.
---Elles passèrent sans un seul coup d'oeil devant celui-ci et se dirigèrent directement vers la terrasse tant elles avaient l'habitude de venir ici depuis leur enfance.
- Mademoiselle de Philibert ! appela une voix derrière elles.
---Elles se retournèrent toutes deux pour apercevoir François le majordome qui s'occupait de l'accueil des clients et qui travaillait ici depuis plus d'une quinzaine d'années.
- Votre mère, madame de Philibert a appelé, elle vous prie de l'excuser car elle sera absente à ce déjeuner.
- Pourquoi ne m'a-t-elle pas appelé sur mon portable ? demanda Evelyne comme pour elle-même.
- J'ignore la raison, je m'en excuse, répondit le majordome comme si Evelyne attendait réellement une réponse de sa part. Excusez-moi, finit-il par dire en s'éclipsant.
- J'en était sûre de toute façon, déclara Evelyne en confidence à son amie. Je crois qu'elle a trouvé un nouveau comte de Van-der-Plouc-je-ne-sais-quoi.
- Un nouveau papa ? railla Alice en souriant.
---Mais son sourire ne fit pas long feu car elle entendit le rire le plus aigue, le plus stupide et le plus détestée qu'elle redoutait tant venir de la terrasse. Barbie était bien là.
- Nouveau papa, nouvelle maman, c'est la saison des re-mariages dis-moi ! ironisa Evelyne en s'apprêtant à ouvrir la porte vitrée de la terrasse.
---Mais elle fût stoppé par Alice qui avait une expression terrifiée.
- Allons, Alice, c'est pas si grave, la rassura Evelyne. Moi j'ai connu au moins huit beau-papa, et je suis toujours en vie !
- Tu comprends pas, Eve. Tu la connais pas. Tu ne sais pas comment elle est, souffla tout bas Alice, terrifiée à l'idée de se retrouver en face de la nouvelle amie de son père.
- Elle est si méchante que ça ? lui demanda Evelyne, perplexe.
- Qui te parle de méchanceté ? répliqua Alice. Le problème c'est qu'elle est si... si...
- Si quoi ? l'encouragea Evelyne.
- Si roturière, lui répondit son amie à voix basse comme si c'était une grossièreté.
---Le rire aigue résonna à nouveau sur la terrasse en provoquant des frissons de dégoût chez Alice. Evelyne, compatissante, pris la main de son amie et la serra.
- Courage, Alice, je suis avec toi, t'inquiète pas, lui dit-elle.
---Et elle poussa la porte vitrée. Elles furent d'abord éblouis par le soleil mais finirent par s'approcher de la grande table ronde où une quinzaine de personnes étaient déjà assises. En premier elles virent une de leurs amies d'enfance : Violette Robin, accompagnée de ses parents, Mr et Mme Robin ainsi que de ses soeurs, Iris et Rose - ne cherchez pas, les parents adorent donner des prénoms orignaux à leurs enfants, et c'est encore mieux quand cela s'accordent entre frères et soeurs, en l'occurence un nom de fleurs pour chacune de leurs filles : pathétiques -, puis elles virent leur seconde amie d'enfance, Roxane Weiss, accompagnée elle aussi de ses parents et de son grand frère Basile. Elles s'approchèrent plus encore et une fois sous l'immense parasol qui ombrait la table elles purent voir le reste de la tablée : Léonard Schneider ainsi que son père Meynard Schneider qui était au téléphone discutant à coup sûr avec un de ses associé, Peter Colin et ses parents, et plus loin : Mr Roseray et sa petite amie, la fameuse Barbara.
- Alice ! Evelyne ! Vous êtes enfin là ! s'exclama Mr Roseray en se levant et en se dirigeant vers elles.
- Daddy, pardon, on est un peu en retard...
- Pas d'excuses en cette magnifique journée d'été, ma princesse, lui dit-il avec un grand sourire et en la serrant dans ses bras. Evelyne, quelle joie de te revoir ! Toujours aussi resplendissante ! la complimenta-t-il en la serrant elle aussi dans ses bras car elle était comme sa seconde fille, étant donné qu'il l'a connaissait depuis qu'elle était née.
- Merci, Mr Roseray, le remercia celle-ci. Vous avez l'air en pleine forme vous aussi.
- J'ai connu la meilleure des cures de jouvence cet été : l'amour ! répondit-il avec un sourire béat sur les lèvres.
---Evelyne jeta un coup d'oeil à Alice pour voir si elle était toujours de ce monde ou n'avait pas tourné de l'oeil, mais celle-ci affichait un sourire figé et complètement faux. Elle se retenait sûrement de clamer tout ce qu'elle pensait de cette amour à son père.
- Mais trêve de bavardages, finit par dire son père. Venez vous asseoir. Serveur, deux margaritas pour ses jeunes filles !
---En effet, ici, comme à New York, les parents donnaient libre accès à l'alcool, croyant que plus ils étaient libre de boire, moins ils en abuseraient. En attendant leurs margaritas, les deux jeunes filles firent le tour de la table, baisant les joues de chaque personne. Cette façon de se dire le bonjour était cent pour cent française.
- Ma chérie, tu es radieuse ! Le soleil de Monaco ? demanda Mme Weiss à Evelyne avec son accent aristocrate.
- Non, de Normandie, corrigea Evelyne, non sans rougir de honte car la Normandie n'était pas vraiment la destination la plus IN de l'été.
- Alors Alice, pratique-tu toujours le tennis ? demanda Mr Robin.
- Je croyais que tu faisais de la danse classique ? ajouta Mme Robin.
- Oh, j'ai arrêté les deux, rectifia Alice. Je préfère me concentrer sur mes études, après tout, j'ai les premières épreuves du bac cette année ! se rattrapa-t-elle pour ne pas avouer qu'elle détestait transpirer sur un cour en tenue de sport Lacoste ou encore qu'elle avait été renvoyé de son cour de danse car elle s'était moqué ouvertement de l'accent russe de sa professeur Madama Skorzewshoulsky.
- Tu as bien raison ! l'approuvèrent Mr et Mme Robin, souriant naïvement.
Lorsqu'Alice se pencha pour faire la bise à Peter, celui-ci lui glissa à l'oreille :
- Tu m'as terriblement manqué.
---Alice fût si surprise, qu'elle ne fit même pas attention au fait que la prochaine jour à baiser était celle de Barbie.
- Oh, Aliiice ! Tes amis sont trop cool ! Il faudra que j'organise une petite soterie pour toi et tes camarades un de ces jours ! Ce serait top ! Hein, qu'est-ce que t'en pense ?
---Mais le cerveau d'Alice était en ce moment trop occupé à analyser le vocabulaire si vulgaire de Barbie : "trop cool", "soterie", "top" et "hein" ? Essayait-elle de parler comme un jeune ? Oh, pardon : un jeun's ? OMG, pensait Alice, c'est trop humiliant !
- Alice, prend donc place à côté de Barbara, lui ordonna son père. Elle est si heureuse de te voir.
---La place que lui indiquait son père était entre Peter et Barbie : les deux personnes qu'elles souhaitait éviter et voilà qu'elle allait être coincé entre les deux durant tout le lunch ! Mais elle n'avait pas d'autres choix : Evelyne venait de prendre la place entre Léonard et son père, et celle devant elle était la dernière. Elle prit donc place.
- Tout le monde est là désormais... Serveur, vous pouvez commencer à apporter les entrées ! commanda Mr Weiss.
---La tablée se mit à discuter, chacun entre eux, et Alice lança un regard implorant à son amie Evelyne. Celle-ci haussa les épaules ne sachant comment remédier à la situation.
- Alors, Aliiice, l'appela Barbie, ce qui lui fit regretter d'avoir un prénom qui contenait un "i". Je ne t'ai pas vu depuis une semaine. C'était bien Cannes ?
- Oui, il a fait très beau, merci, répondit-elle avec le même sourire figé.
- Il y avait des beaux garçons ? demanda-t-elle en pouffant de rire comme une gamine. Tu t'es trouvé un copain ?
---Alice ne remarqua pas que Peter, qui était à ses côtés, s'était tendu et écoutait maintenant la conversation.
- Euh...non, répondit Alice, extrêmmement gênée par la question.
---Et elle répondait vrai : elle s'était évidemment fait draguer, mais aucun garçons n'avait retenu sont attention.
- Allez, tu peux me le dire, je ne raconterai rien à ton père, insista Barbie avec un grand sourire, en s'approchant comme pour une confidence.
---Au même moment, le serveur arriva et lui servit sa margarita, s'interposant entre elle et Barbie. Alice en profita pour se tourner vers Peter et ignorer la copine de son père. Tant qu'à être entre eux deux, autant choisir celui qui vous donnera le moins de gêne, non ?
- Alors, Peter, c'était bien Lacanau ? s'enquit-elle auprès de lui pour faire la conversation.
- Super, mais je n'y ai passé que quelques jours, lui répondit-il.
- Ah bon ? Dommage.
- Je croyais pourtant te l'avoir dit dans un de mes SMS, rétorqua-t-il.
---Alice rougit et bu cul-sec sa margarita.
- Hum. Je me suis fait voler la carte mémoire de mon portable pendant les vacances, prétexta-t-elle, toujours rougissante.
- Ta carte mémoire ? répéta Peter. Tu veux dire que le voleur t'as pris uniquement ta carté mémoire, et t'as laissé ton portable ? ajouta-t-il ne croyant pas du tout à son bobard.
- Hum... Ouais, je sais, ça paraît dingue, mentit-elle en fixant l'argenterie pour ne pas avoir à croiser le regard accusateur de Peter.
- Alice, je te connais. Pas la peine d'essayer de me mentir.
- OK, avoua-t-elle en soupirant. J'ai pas perdu ma carte mémoire, j'ai menti.
- Alors pourquoi tu ne me répondais pas ?
---Alice fit semblant de ne pas avoir entendu et demanda au serveur une autre margarita, mais cette fois-ci sans glaçons. Peter mit sa main sur sa cuisse, ce qui l'a fit sursauter.
- Répond-moi.
---Cette fois-ci elle ne pouvait pas l'ignorer.
- J-J'ai juste trouver ça étrange qu'une semaine après notre rupture seulement, tu commences à m'envoyer autant de textos que quand nous étions en couple, lui avoua-t-elle.
- Est-ce que cela t'as gênée ?
- Gênée, non. Fâchée, oui.
- Fâchée ? répéta Peter car il ne s'attendait pas à cela. Pourquoi ?
- Peter... s'exaspéra Alice. C'est toi qui as rompu et c'est toi qui as repris contact le premier, et seulement une semaine après. Disons que ce n'était pas encore cicatrisé.
---Même si Alice lui faisait part qu'elle avait eus mal après la rupture, cette confidence enjouait Peter car cela voulait dire qu'elle tenait à lui et avait été malheureuse de cette séparation. Elle tenait donc à lui. Enfin, se dit-il, ce n'est peut-être plus le cas maintenant.
- Je suis désolée si je t'ai brusquée, s'excusa-t-il sincérement. Je souhaitais juste qu'on redevienne de bons amis.
- C'est vrai ? demanda Alice, réellement surprise.
- Je t'assure, lui répondit-il même s'il n'y croyait pas trop lui-même, car tout ce qu'il souhaitait c'était qu'elle lui donne une deuxième chance.
---Patience, mon petit, Alice Roseray n'est pas du type facile.
---Le visage d'Alice se fendit en un sourire éblouissant. Elle pensait que Peter souhaitait resortir avec elle, et elle détestait cette idée : comme s'il pouvait la plaquer comme bon lui semble, et revenir une semaine plus tard ! Elle n'était pas un jouet qu'on pouvait mettre en mode "Pause". Mais si Peter souhaitait uniquement être son ami, elle n'y voyait aucun problème. Après tout, ils avaient été amis depuis leur enfance avant de sortir ensemble en seconde.
- Amis, alors ? demanda Peter avec une moue adorable.
- Amis, approuva Alice en lui souriant.
---Trois serveurs arrivèrent et commencèrent à servir les entrées. Alice chercha le regard d'Evelyne pour lui faire comprendre que sa situation c'était arrangée, mais celle-ci semblait ennuyée par le bavardage de Léonard Schneider.
- T'aurais dû me voir dévaler les pistes des Andes, lui racontait-il ses vacances qu'il avait passé à skier dans les montagnes du Pérou. J'étais le nouveau dieu de ces péruviens, ils m'ont élevé un temple et sacrifier de jeunes vierges.
- Rien que ça, s'émerveilla faussement Evelyne en avalant un morceau d'asperge alors qu'elle se fichait complètement des aventures palpitantes de Léonard.
- En parlant de jeunes vierges... Je sais que toi tu ne l'es plus, mais est-ce qu'Alice est passé à l'acte cette été ? demanda-t-il sans pudeur.
---Evelyne fit un gauche-droite de la tête pour vérifier qu'aucun parent n'avait entendu cela et se retourna vivement vers son ami :
- T'es dégoûtant, Léo ! lui lâcha-t-elle sans vergogne. Tu penses vraiment qu'à ça !
- Allons, ma jolie, t'énerves pas, ça gâche ta beauté et ça donne des rides, dit-il avec un ricanement.
- Tss, l'ignora-t-elle.
- Alors ?
- Alors quoi ? s'énerva Evelyne.
- Vierge ou pas ? insista-t-il.
- Qu'est-ce que ça peut te faire ?
- Il se trouve que durant l'été je me suis découvert une certaine passion pour le dépucelage, avoua-t-il toujours sans aucun vergogne.
- T'es vraiment dégoûtant ! Tu dis ça sans aucune honte !
- Le sexe c'est sale seulement si on en fait quelque chose de sale, déclara-t-il.
- Tu dis ça à toutes les filles ?
- Seulement aux filles qui ont fait certains trucs crades durant certaines soirées, répliqua-t-il, avec un sourire méchant.
---Evelyne se retint de le gifler.
---J'ignore encore ce que sont ces trucs crades qu'Evelyne aurait fait, mais, promis,vous serez les premiers informés.
- De toute façon, Alice a beaucoup trop de classe pour coucher avec toi, détourna-t-elle le sujet.
- Qui te dit que je ne suis pas tout à fait son type ?
- Tss... Tu n'es le type de personne Léo, rétorqua-t-elle, avec un sourire vengeur.
- Petite pu...
---Mais il fût interrompu par son père qui venait de lui tapoter le bras pour lui demander son portable car le sien n'avait plus de batterie et il avait besoin d'appeler urgemment un de ses associés pour une quelconque affaire.
- Papa, on est dimanche, tu ne pourrais pas faire une pause ? l'implora Léonard.
---Mr Schneider l'ignora comme il avait toujours fait et commença à taper le numéro de son associé sur le portable de son fils. Quand on a un père comme ça, il ne faut pas s'étonner de devenir un tel salaud.
---Le reste du repas se déroula sans encombres à part quelques maris qui sortait de table à cause d'un appel urgent du bureau et quelques femmes qui s'excusait de leur part. Après les macarons et le café, les pères décidèrent d'aller au fumoir s'envoyer quelques Cubains.
- Je viens avec vous ! s'exclama Barbie, enthousiaste.
---Toutes les conversations cessèrent, et toutes les têtes se tournèrent vers celle-ci. Jamais au grand jamais, quelque chose de ce genre n'était arrivé au lunch du dimanche : à la fin de chaque repas, il était pour tradition que les hommes aillent de leurs côtés et que les femmes restent à papoter pendant que les enfants s'amusaient. Jamais aucune femme n'avait suivis les hommes, ce n'était pas par sexisme, c'était juste que les épouses préféraient discuter ensemble plutôt que d'aller s'asphyxier au fumoir.
- Vous êtes sûre ? demanda Mme Colin, perplexe. Nous comptions faire une promenade dans le parc, Hélène, Clélia et moi-même, ajouta-t-elle en parlant de Mme Weiss et Mme Robin.
- Oh ! ç'aurait été avec plaisir, mais j'aimerai beaucoup goûté au Cubain ! s'expliqua Barbie sans comprendre qu'un malaise s'installait.
---Les maris et épouses se regardèrent entre eux comme si elle venait de déclarer la révolution. Puis Mr Roseray éclata de rire :
- Mais bien sûr que tu peux venir, ma choupine, lui dit-il.
- Ouiii, s'enthousiama Barbie comme une gamine de quatre ans. Aller venez les hommes ! ajouta-t-elle en se dirigeant vers les portes vitrées.
---Mme Colin, Mme Weiss et Mme Robin restaient bouches bées devant le déroulement de la situation. Bien vite, Hélène Weiss se déplaça pour prendre place à côté de son amie, Clélia Robin, qui était déjà assise à côté de leur autre amie, Anne Collin. C'était toujours ainsi : à la fin de chaque repas, elle se retrouvaient pour parler ragots. Et quelque chose me dit que leur sujet principal allait être Barbie...
- Incroyable ! Mais pour qui se prend-t-elle ? s'offusqua Mme Weiss.
- Arthur est trop clément, dit Mme Robin en parlant de Mr Roseray, le père d'Alice. S'il lui accorde le moindre de ses caprices, il finira vite sur la paille !
- Vous savez le pire ? commença Mme Colin. Elle n'était qu'une invitée en venant ici, mais personnellement j'avais l'impression qu'elle nous traitait comme si elle nous recevait chez elle ! Quel sans-gêne !
---Ses deux amies hôchèrent vigoureusement la tête, complètement d'accord avec elle.
---En passant devant elles, Evelyne eut envie de vomir : elle détesterait devenir comme ces épouses dont la seule distraction était les ragots. Evelyne se levait pour aller s'asseoir à la place de Barbie pour pouvoir discuter tranquillement avec sa meilleure amie, Alice. Celle-ci fixait son verre, le visage rouge et une expression de stupeur figé sur le visage.
- Est-ce que ça va ? lui demanda Evelyne en s'asseyant à côté d'elle et en lui touchant le bras.
---Alice tourna lentement la tête, comme un robot, le regard toujours fixé dans le vague. Elle sembla seulement découvrir maintenant la présence de son amie et son visage s'anima.
- Ca n'aurait pas pû être pire, Eve ! éclata-t-elle.
---Evelyne se mordit la lèvre, ne sachant comment la rassurer alors que ce qu'elle disait était vrai : Barbie n'aurait pas pû faire pire.
- Il faut que je me repoudre, annonça Alice en se levant.
---Quand je vous disais que se repoudrer était son moyen d'évacuer l'angoisse ?
- Je t'accompagne, lui dit Evelyne en la suivant vers les toilettes.
---Elles arrivèrent à la salle de bain aux murs bordeaux, composés de cabines en bois d'acajou et d'un canapé rouge drapé de velours. Les toilettes de la Grande Cascade n'avaient rien à voir avec des toilettes publics : l'endroit était propre, luxueux, le nécessaire pour se rafraîchir, changer un bébé, se remaquiller ou même se parfumer était fournis, et fait le plus subtil, mais pas des moindres : cela sentait bon.
---Evelyne s'installa sur le canapé et croisa les jambes, alors qu'Alice sortait déjà son poudrier et commençait se repoudrer.
- Tu devrais remettre du gloss, lui conseilla Alice en regardant Evelyne dans le miroir.
- Oh ! J'ai oublié de le mettre dans mon sac ! s'exclama Evelyne une fois qu'elle eut renversé le contenu de son sac sur le fauteuil sans trouver son gloss.
- J'ai le mien, si tu veux, lui dit Alice en le lui tendant.
- Merci, lui répondit son amie en commençant à s'en appliquer sur les lèvres. Tu as changé de marques ? demanda-t-elle en lui retendant le tube.
- Oui, l'autre était trop glossy, trop vulgaire. Je voulais quelque chose qui fasse plus femme et moins gamine-fan-de-Hannah-Montana.
---Evelyne éclata de rire face à la remarque de son amie et ramassa ses affaires pour les ranger dans son sac.
- Les filles ? Vous êtes là ? appela la voix de Peter.
- Ouais, ici, disent-elles d'une même voix.
---Peter entra sans pudeur dans les toilettes des filles avec entre les mains deux verres de cocktails.
- Oh, Peter, c'est adorable ! C'est exactement ce dont j'avais besoin : deux margaritas ! Merci ! dit Alice, comblée.
- L'une est pour Eve, précisa-t-il en riant.
- J'en veux pas, merci, déclina Evelyne. Mais ne lui donne surtout pas les deux : je l'ai observée s'en enfiler plusieurs durant le lunch et je n'ai vraiment pas envie d'avoir à la porter ivre morte jusqu'à son lit.
- C'est moi qui la porterai alors, répliqua Peter avec un clin d'oeil à l'intéressée.
- Et ce ne serait que justice étant donné que c'est toi qui me commandait des cocktails au lunch, rétorqua Alice en ajoutant elle aussi un clin d'oeil complice.
- Ohlala... Ce serait repartis vous deux ? s'enquit Evelyne avec des oeillades coquines.
- Non, en fait on a décidé de redevenir amis, comme avant, corrigea Alice.
---Bien qu'il ait été d'accord avec cela, Peter ne pouvait s'empêcher d'être triste et de s'arcbouter face à la réaction d'Alice qui avait rectifier les propos d'Evelyne trop rapidement à son goût.
- Hé, les gens ! Vous êtes là ? demanda la voix de Violette Robin.
- Ouais, ici, répondirent les trois amis d'une même voix.
---Roxane et Violette entrèrent à leur tour dans la salle de bain.
- Léo arrive, précisa Violette, qui était du même âge que ses amis et avait des cheveux noir de jais, coupés court et de grands yeux bleus qui contrastaient avec la couleur de ses cheveux.
---Elle était vêtu d'un chemisier vert anis en soie et d'un short blanc. Violette était assez petite par rapport à ses amies, alors elle portait toujours des talons hauts, comme aujourd'hui, des Salomés vert sapin.
---Sa meilleure amie, Roxane Weiss, qui était elle aussi une très bonne amie d'Alice et Evelyne avait des cheveux blonds, bouclés et très épais dont elle prenait grand soin. Et il fallait avouer que ses boucles étaient magnifiquement rondes et soyeuses, dignes de boucles anglaises. Elle portait une jolie robe courte à jupon et des ballerines Ballenciaga.
- On a tant de choses à vous raconter, les filles ! s'exclama Roxane en s'asseyant aux côtés d'Evelyne, ses boucles rebondissants du même fait.
- Vous n'imaginez même pas comment le monde est petit : j'ai croisé Sarah Hirsh sur la cinquième à New York, raconta Violette à Alice. Tu n'aurais même pas pû deviner sa taille de jean !
- Non ! s'étonna Alice en sirotant une des margaritas et en tendant l'autre à son amie.
- Si, je t'assure ! CLF en à même parlé dans un de ses flash. Elle fait au moins du 40 !
- Je m'en doutais aussi, lui confia Alice. Dans sa rubrique "ON A VU", CLF l'avait déjà repéré plusieurs fois en train de se goinfrer de junk food. Ca devait arriver.
---Juste pour information : CLF, c'est moi (Coco La Fayette).
---Peter commença à se sentir un peu seul au milieu de quatre filles, heureusement pour lui, Léonard débarqua une main dans la poche, l'autre faisaint trésauter dans sa paume des clés de voiture.
- En route, les amis ! Papounet me laisse la Porshe Cayenne. Allons chez moi siffler quelques Despe' et se préparer à faire la tourner des bars.
- OK, mais d'abord il me faut du gloss. Roxane, tu as le tien ? demanda Violette.
- Désolée, je croyais que tu avais pris le tien, s'excusa Roxane.
- Alors, c'est ma tournée, annonça Alice en lui tendant le sien. Eve s'en est servis, moi aussi... Roxane manque plus que toi, plaisanta Alice.
- Ouh... Des tas de baisers mouillées indirects entre filles... J'adore ça ! dit Léonard avec un sourire salace.
- Pff... T'es dégueu, l'insulta Evelyne en passant devant lui.
---Léonard l'ignora et sortit à son tour des toilettes suivit du reste de ses amis. Ils se dirigèrent tous vers la sortie, mais avant, Léonard attrapa une caisse de Veuve Clicquot derrière le bar. Une fois sur le parking, ils virent une cinquantaines de chauffeurs attendant au volant de voitures de luxe que leurs patrons aient finis de déjeuner.
- Il y a cinq places, on est six, annonça Léonard une fois devant la Porshe Cayenne de son père. Je propose que les filles aillent derrière et les garçons devant même si ça ne me dérangerait pas d'être coincés entre trois magnifiques corps dont les poitrines tressautent aux moindres bosses ou dos d'ânes.
- Tu te contenteras de mater par le rétro, lui dit Roxane en ouvrant la portière arrière et en montant dans la voiture, suvit de ses amies.
- Les filles sont cruelles... souffla Léonard à Peter.
- Tu l'ignorais encore ? plaisanta celui-ci.
---Si vous croyiez qu'au moins l'un d'eux avait l'âge légal pour conduire, vous vous trompiez. Ils avaient tous seize ans, à part Alice, qui les fêterait en décembre. Cependant ils étaient habitués à conduire depuis l'âge de seize ans, ou quatorze ans, comme Léonard. Et puis s'ils se faisaient arrêtés, il suffisait que l'un de leurs parents glisse un billet par là, et l'affaire était réglée.
- C'est parti ! cria Léonard en tournant la clé et démarant la Porshe, déclenchant des cris de joies et des rires à l'arrière.
---Sans le savoir, Léonard venait de donner le coup d'envoi des festivités.
---
---
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#Posté le samedi 21 mars 2009 11:54

Modifié le vendredi 25 juin 2010 02:10

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